Actualité ostéopathie, Avril 2026

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Voici l’article mensuel sur l’ostéopathie et son actualité d’avril 2026. Regroupant tous nos articles parus dans le mois, l’actualité trouvée sur différents journaux ou les réalisations de différentes associations et syndicats, les activités sur les réseaux sociaux, sur YouTube… Évidemment, ce regroupement dépend des informations que nous avons trouvé. Il n’est donc pas exhaustif, nous nous excusons si nous avons oublié des choses. Nous vous invitons à partager les informations que vous aimeriez y trouver. Un groupe messenger est prévu a cet effet, n’hésitez a le rejoindre.


À noter : Les XXIe Rencontres d’ostéopathie comparée se tiendront du 19 au 21 juin 2026.

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Voici l’article mensuel sur l’ostéopathie et son actualité de février et mars 2026. Regroupant tous nos articles parus dans le mois, l’actualité trouvée sur différents journaux ou les réalisations de différentes associations et syndicats, les activités sur les réseaux sociaux, sur YouTube…

Évidemment, ce regroupement dépend des informations que nous avons trouvé. Il n’est donc pas exhaustif, nous nous excusons si nous avons oublié des choses. Nous vous invitons à partager les informations que vous aimeriez y trouver.

Printemps réglementaire : ce qui avance, ce qui résiste

En avril 2026, plusieurs signaux se sont croisés sur la scène réglementaire de l’ostéopathie animale. Des référentiels publiés. Une réforme contestée. Une question parlementaire sans réponse franche. Et, venu d’ailleurs, un premier état des lieux chiffré de la profession chez nos voisins britanniques.

Ce n’est pas encore le calme. Ce n’est pas non plus le chaos. C’est cet entre-deux où une profession se construit à mi-voix, pendant que les acteurs qui en tirent profit autrement préfèrent la lenteur.


Ce que la réforme bouscule — et qui y a intérêt

L’Officiel des Métiers a publié en avril un article contestant le projet d’arrêté encadrant la formation et l’exercice de l’ostéopathie animale. Arguments avancés : calendrier incompatible avec les cycles académiques, présence physique obligatoire pour les cours théoriques, liste figée de diplômes, extension des pouvoirs du CNOV jugée problématique. Des parlementaires sont cités : Saint-Pasteur, Vignon, Allegret-Pilot.

Il faut nommer ce que cet article est. Un texte de contestation, porté par des acteurs dont les intérêts économiques sont organisés autour du maintien du statu quo. Les arguments de calendrier ont leur réalité propre. Ils méritent d’être portés dans les instances compétentes. Mais derrière la technique juridique se pose une question économique et politique : certaines structures de formation et fédérations ont plus à perdre dans une réforme encadrante qu’à y gagner. La désinformation sur la réforme sert ces intérêts-là, pas ceux des praticiens.

Ce que dit le gouvernement — deux fois en avril

Deux questions parlementaires au Sénat ont reçu leur réponse gouvernementale en avril 2026. Elles portent sur l’ostéopathie humaine, mais leur logique nous concerne directement.

La première (Vincent Delahaye, UC, Essonne) portait sur les recommandations du rapport IGAS 2021 : créer une structure de gouvernance centralisée pour la profession. Réponse : les propositions « ne permettent pas une solution consensuelle » — le gouvernement cherche encore.

La seconde (Bruno Belin, LR, Vienne) demandait la reconnaissance de l’ostéopathie comme profession de santé. Réponse, sans ambiguïté cette fois : « Il n’envisage toutefois pas de reconnaître l’ostéopathie comme une profession de santé car l’ostéopathie regroupe aujourd’hui un ensemble de pratiques diverses. Il est de ce fait difficile de déterminer clairement et de façon consensuelle le champ de cette pratique et des données scientifiques associées. »

Cette phrase mérite d’être lue deux fois. Le raisonnement — diversité des pratiques, absence de consensus scientifique — est exactement celui qui pourrait être retourné contre l’ostéopathie animale. Ce n’est pas une coïncidence : c’est la logique du statu quo. La question n’est pas « peut-on réguler ? » mais « a-t-on intérêt à le faire ? »


Les référentiels, eux, existent

La revue Ostéo4pattes-SDO n°71 prend acte de la publication des nouveaux référentiels d’activités et de compétences pour l’ostéopathie animale. L’UFÉOA, de son côté, a publié en avril un article détaillé sur leur contenu et leur genèse. Le professeur Marc Gogny, mandaté par le Ministère de l’Agriculture en mai 2024, a dirigé leur rédaction. L’UFÉOA a participé à la lecture du référentiel de formation, aux côtés du COA et d’OstéoA — fait notable : une association étudiante contributrice d’un document professionnel de référence, avant même d’avoir fini ses études.

Les 6 macro-compétences sont détaillées dans cet article : diagnostic ostéopathique (DIAG), conception du projet d’intervention (PROJ), réalisation et évaluation (TRAITER), communication (COMM), posture professionnelle et éthique (PROF), gestion entrepreneuriale (GEST).

Les deux premiers référentiels sont déjà consultables sur le site du CNOV.

Ces documents existent. Leur opposabilité dans le contexte de la réforme en cours reste à observer.


Ce que les Britanniques nous montrent

L’International Journal of Osteopathic Medicine a publié en 2026 la première enquête nationale sur les ostéopathes animaliers britanniques (Bowden et al., n=34, GOsC + IOO, nov. 2024–jan. 2025).

Quelques chiffres : 76,5% des répondants détiennent un diplôme postgraduate de niveau 7 (PGCert ou MSc), la pratique animale compte en moyenne 12,9 ans, 88,2% exercent en indépendant. Techniques dominantes : mobilisation, tissus mous, HVT, libération fasciale. 73,5% ont eu des clients remboursés par une assurance animale. Il faut nommer les limites : n=34, taux de réponse de 17%, recrutement par listes de membres. La marge d’erreur est réelle. Aucune extrapolation possible à l’ensemble de la profession britannique.

Ce que le texte révèle malgré tout : une profession qui, au Royaume-Uni, existe à un niveau de qualification élevé depuis des années. Le titre « Animal Osteopath » est protégé par le GOsC. Il n’existe pas de registre obligatoire — ce qui montre que titre protégé et régulation effective sont deux choses distinctes. C’est exactement le nœud du débat français.


La question économique

Pierre-Elie Bernard, ostéopathe, a publié une vidéo sur YouTube : « Peut-on vivre de l’ostéopathie en 2026 ? » Il y décrit une chute de 60% de ses revenus après 14 ans de cabinet, une réorientation partielle vers la formation en ligne et le contenu digital.

Ce témoignage est individuel. Il ne représente pas la profession. Et pourtant la trajectoire qu’il décrit — praticien qui diversifie, qui sort du cabinet seul comme modèle unique — est documentée : densité croissante, revenus sous pression.

L’ostéopathie humaine est un miroir utile. Ce que nos collègues vivent aujourd’hui avec une profession surchargée, nous pourrions le vivre demain si la formation explose sans régulation cohérente. Ce n’est pas une certitude. C’est une question à poser maintenant.


Graine de réflexion — 1957, l’os et la physique

Un article de 1957 mérite un moment d’arrêt.

Eiichi Fukada et Iwao Yasuda publient en octobre 1957, dans le Journal of the Physical Society of Japan, la première démonstration expérimentale de l’effet piézoélectrique de l’os. Ils mesurent les constantes piézoélectriques de l’os cortical (fémur d’homme et de bœuf) par trois méthodes distinctes. L’os produit un signal électrique sous contrainte mécanique — et inversement, un champ électrique le fait se déformer. La constante piézoélectrique mesurée est environ dix fois inférieure à celle du cristal de quartz. Ce qui est intéressant : l’effet ne disparaît pas quand les specimens sont bouillis puis séchés. Il n’est pas d’origine biologique au sens cellulaire. Il est dans la structure cristalline des micelles de collagène. C’est l’orientation géométrique des fibrilles hélicoïdales qui est piézoélectrique.

Quand nous appliquons une force sur un os, sur un tissu dense en collagène, nous mettons en jeu une structure qui convertit la pression en signal électrique. Pas de métaphore : de la physique des cristaux.

Ce papier de 1957 est la source primaire de ce qu’on appelle aujourd’hui la mécanotransduction osseuse. La loi de Wolff avait été empiriquement formulée en 1892 — l’os se remodèle selon les contraintes mécaniques. Fukada et Yasuda en donnent le mécanisme physique 65 ans plus tard. Les canaux Piezo1 et Piezo2, récompensés par le Nobel de médecine 2021, sont nommés d’après ce même phénomène. Ce ne sont pas les mêmes « piezo » — les canaux sont des protéines membranaires, la piézoélectricité est une propriété du cristal collagénique — mais ils font partie du même arc de compréhension : le corps traduit la pression en information biologique.

Ce que cela dit de notre pratique, c’est à chacun de le formuler.


Ce que le corps ressent avant que la conscience sache

Bernard Andrieu, philosophe du corps, était l’invité du podcast Et surtout la santé (Etienne Bulidon, ostéopathe) en avril. Une heure quinze sur l’émersiologie, le toucher thérapeutique, la variabilité de la perception sensorielle en séance. Andrieu pose une question que beaucoup de praticiens reconnaîtront : pourquoi certains patients ont-ils besoin de ressentir de la douleur pour percevoir l’efficacité d’un traitement ? La réponse n’est pas simple, et c’est ce qui rend l’épisode intéressant.

L’émersiologie — « émersion » des états corporels non conscients vers la conscience — est un concept à creuser. Il nomme quelque chose que l’ostéopathe animalier connaît bien : travailler sur un sujet qui ne peut pas verbaliser ce qu’il ressent, c’est déjà travailler dans cet espace-là.


En bref

« Et si on se respectait enfin ? » Paul Denis, ostéopathe, a publié sur O4P en avril une tribune directe sur les fractures générationnelles de la profession. Chiffre à retenir : 45000 ostéopathes en 2026, contre 8000 en 2005. La profession cherche sa maturité — le mot est de lui.

Communication animale : Le Point Vétérinaire a publié une mise en garde sur la « communication animale télépathique » — pratique sans base scientifique, ciblant des personnes en situation de vulnérabilité, susceptible de retarder un diagnostic. La distinction à maintenir : cette critique ne touche pas la lecture non-verbale de l’animal, ni les approches comportementales. Deux objets différents.

Sciences humaines : Brice Perrier, dans sa newsletter Raison Sensible, décrit une forme d’autocensure dans l’establishment scientifique français sur les questions liées aux pratiques complémentaires. À lire comme signal de contexte épistémologique tendu, pas comme source de référence.

Lien humain-animal : Oli (@olietmonday) était l’invitée du podcast Mordant en avril (épisode #47). Créatrice de contenu dont la trajectoire a basculé autour de son chien Monday, elle parle de la place des animaux dans nos vies, de la viralité comme responsabilité, du projet « La Demeure Monday » — réinsertion par le lien humain-animal. Pas de contenu clinique. Mais un signal utile : le lien humain-animal capte une attention que nous aurions tort d’ignorer. C’est notre public indirect.


Livres à lire

Pierre-Luc L’Hermite publie le tome II de Mythologies ostéopathiques (L’Harmattan, collection Éthique et pratique médicale, mars 2026). L’auteur, ostéopathe, docteur en droit et doctorant en philosophie des sciences, y déconstruit des idées structurantes de la profession : mythe de la pseudoscience, du syndrome de KISS, de la perfection de l’organisme, de l’origine de la chiropraxie. La posture très EBP peut tendre vers un réductionnisme qui évacue ce qui résiste à la preuve. La question qu’il pose en creux mérite attention : quelle est l’identité épistémologique de l’ostéopathie ? À lire avec le même esprit critique qu’il applique à ses sujets.


Références


Dans le futur…

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