Question écrite n°13662 de M. le député Géraldine Grangier
Doubs (4e circonscription) – Rassemblement National
publiée au Journal Officiel du 17 mars 2026, page 2316
Mme Géraldine Grangier appelle l’attention de Mme la ministre de la santé, des familles, de l’autonomie et des personnes handicapées sur la crise structurelle grave que traverse actuellement la profession d’ostéopathe, marquée par une saturation massive du marché, une précarisation accélérée des praticiens et un risque avéré de désorganisation de l’offre de soins pour les patients.
Selon les données rendues publiques par le registre des ostéopathes de France dans son rapport de janvier 20261, la soutenabilité économique de la profession se situe entre 22 000 et 29 000 praticiens, alors que la France en comptait déjà plus de 30 000 en 2025 et continue de former près de 2 000 nouveaux diplômés par an au sein de 31 établissements agréés.
Cette situation résulte d’un pilotage défaillant de la formation, d’un contrôle insuffisant des capacités d’accueil et d’une absence persistante de régulation démographique. Cette dérive conduit aujourd’hui à une fragilisation massive des professionnels : revenus instables, concurrence exacerbée, défaillances économiques croissantes, fermetures de cabinets et impossibilité pour de nombreux jeunes diplômés d’accéder à une activité viable.
À moyen terme, près d’un quart des ostéopathes pourraient être contraints de cesser leur activité, entraînant un gaspillage humain et financier considérable après cinq années d’études, souvent financées par l’endettement des familles. Parallèlement, les patients subissent un reste à charge intégral, qui provoque un renoncement croissant aux soins, notamment chez les publics modestes, alors même que les troubles fonctionnels chroniques et aigus représentent un enjeu de santé publique majeur.
Cette situation contribue à installer un système de soins à deux vitesses, où seuls les plus solvables accèdent durablement à certains soins de prévention et d’accompagnement. Malgré les alertes répétées de la profession et les constats formulés notamment par l’Inspection générale des affaires sociales, aucune réforme d’ampleur n’a été engagée pour corriger ces déséquilibres.
L’État demeure pourtant pleinement responsable de l’agrément des écoles, de la régulation des formations, du cadre d’exercice et de la cohérence globale de l’offre de soins.
- Dans ce contexte, par quelles mesures concrètes le Gouvernement compte-t-il réguler durablement la démographie des ostéopathes, notamment par la révision du nombre d’établissements agréés et des capacités de formation ?
- Selon quel calendrier le Gouvernement entend-il mettre en place un véritable pilotage national de la formation, fondé sur les besoins territoriaux et les perspectives d’emploi réelles ?
- Comment entend-il sécuriser économiquement l’exercice de la profession, prévenir les faillites en chaîne et garantir la continuité de l’offre de soins sur l’ensemble du territoire ?
- Le Gouvernement prévoit-il d’engager une réflexion structurée sur l’intégration partielle et ciblée des soins ostéopathiques dans les dispositifs de couverture complémentaire, notamment au bénéfice des publics les plus fragiles ?
- Quelles passerelles, quels dispositifs de reconnaissance des acquis et quels mécanismes de reconversion seront mis en place afin de permettre aux professionnels contraints de se réorienter de valoriser leur parcours, sans être contraints de reprendre un cursus complet ?
Elle lui demande sa position sur ces questions.
Réponse
En attente de réponse du Ministère – Santé, familles, autonomie et personnes handicapées
Notes de l’Ostéo4pattes-Site de l’ostéopathie :
- Registre des Ostéopathes de France (ROF), Le paradoxe de l’ostéopathie française : une profession en sureffectif malgré une forte demande et des besoins massifs non couverts. 05 Février 2026. ↩︎

