Actualité ostéopathie, Premier Trimestre 2026

Logo de l'actualité de l'ostéo4pattes-Site de l'ostéopathie

Actualité ostéopathie, premier trimestre 2026

Bonjour à tous !

Voici l’article mensuel sur l’ostéopathie et son actualité de février et mars 2026. Regroupant tous nos articles parus dans le mois, l’actualité trouvée sur différents journaux ou les réalisations de différentes associations et syndicats, les activités sur les réseaux sociaux, sur YouTube…

Évidemment, ce regroupement dépend des informations que nous avons trouvé. Il n’est donc pas exhaustif, nous nous excusons si nous avons oublié des choses. Nous vous invitons à partager les informations que vous aimeriez y trouver.

Sur l’Ostéo4pattes-Site de l’Ostéopathie

  • Glucocorticoïdes, cytosquelette et force de traction médullaire : pour une lecture mécano-biologique de leurs effets différentiels par rapport aux AINS. Patrick Chêne publie ce mois-ci la suite directe de son article sur la neuro-immunité et la FTM (voir ci-dessous). Le fil conducteur : les glucocorticoïdes agissent sur le cytosquelette par des voies non génomiques — rapides, directes, indépendantes de la synthèse protéique. Concrètement : polymérisation de l’actine, stabilisation des microtubules, modification des propriétés mécaniques cellulaires. Ce qui change la lecture clinique : leur effet sur la FTM passe par la mécanotransduction, pas seulement par l’inhibition de l’inflammation. Les AINS, eux, bloquent la COX mais n’ont aucune action sur le cytosquelette — donc pas d’effet sur la FTM via ce mécanisme. Pour ceux qui utilisent la FTM en pratique quotidienne, c’est un cadre explicatif concret, enraciné dans la biologie cellulaire. L’article est en accès abonné.
  • Neuro Immunité et FTM – Patrick Chêne publie sur Ostéo4Pattes un article sur la régulation de la FTM et ses implications neuro-immunitaires. La tension médullaire comme marqueur d’un mode de fonctionnement dysfonctionnel du SNC, avec un mécanisme impliquant les canaux ioniques mécanosensibles Piezo — des protéines qui font le lien entre cytosquelette, fascias et réponse cellulaire. L’article est en accès abonné. Il mérite la lecture pour ceux qui travaillent avec la FTM en pratique quotidienne. Relu par Amélie Gardelle.
  • Référentiel d’activités professionnelles : Ostéopathe Animalier et Référentiel de Compétences : Ostéopathe Animalier – Le 22 mars, deux documents fondamentaux ont été partagé sur l’Ostéo4Pattes-Site de l’Ostéopathie. Le Référentiel d’Activités Professionnelles et le Référentiel de Compétences de l’Ostéopathe Animalier. Ces textes sont disponibles en PDF, en accès libre. Ce n’est pas une lecture de confort — c’est une lecture utile. Le Référentiel d’Activités décrit les contextes d’exercice, les emplois, les activités significatives (diagnostic, communication, gestion). Le Référentiel de Compétences structure six macro-compétences : évaluation clinique, conduite du projet d’intervention, traitement, communication, positionnement professionnel, gestion d’entreprise. Le fait qu’ils soient publiés sur le site de l’Ordre des vétérinaires leur donne un poids institutionnel réel. À l’heure où les décrets d’application sont en cours d’élaboration, ces documents sont une base commune pour comprendre et défendre le périmètre de la profession.
  • Questions au gouvernement: En mars, deux questions parlementaires ont été déposées sur l’ostéopathie. Elles viennent de bords opposés (RN et PS), mais convergent sur le même constat : la profession est en difficulté structurelle.
    • La première, déposée par Géraldine Grangier (RN, Doubs), cite les chiffres du ROF de janvier 2026 : la France compte déjà plus de 30 000 ostéopathes pour une viabilité estimée à 22 000-29 000. À raison de 2 000 diplômés par an dans 31 écoles, le déséquilibre va s’aggraver. Elle demande au Gouvernement un plan sur cinq points : régulation démographique, pilotage de la formation, sécurisation économique, intégration aux complémentaires santé, passerelles de reconversion. Réponse ministérielle en attente.
    • La seconde, de Karim Benbrahim (PS, Loire-Atlantique), porte sur un projet d’Autorité Publique Indépendante pour l’ostéopathie. Missions proposées : enregistrement des professionnels, contrôle de la formation, déontologie, bonnes pratiques, financement de la recherche. La gouvernance envisagée n’est pas majoritairement composée d’ostéopathes — ce qui est un point de tension important. Une concertation DGOS avait été initiée en mars 2025. Elle est bloquée depuis.
    • Deux questions, un même agenda qui monte. À suivre.

Livre

  • À venir — « Ils nous ruinent la santé » (La Revue Dessinée — 8 avril) 200 pages d’enquêtes en bande dessinée, co-produites par La Revue Dessinée et la Cellule investigation de Radio France. Pénuries de médicaments, lobbys, hôpital sous pression financière, scandale de l’Androcur. Le contexte dans lequel s’inscrit le débat sur le déremboursement de l’ostéopathie par les mutuelles, raconté sous forme d’enquête. 22€.

Article Scientifique

  • Le MRP a-t-il une base physiologique ? Une revue narrative repose la question – Un preprint publié sur Qeios propose une révision des bases physiologiques du Mécanisme Respiratoire Primaire et de l’Impulsion Cranio-sacrée. Les auteurs passent en revue les cinq piliers de la théorie de Sutherland (1939) et les confrontent aux données actuelles. Conclusion sans détour : le modèle originel ne tient pas. L’hypothèse alternative qu’ils proposent est plus intéressante qu’un simple démontage : les oscillations de la matrice extracellulaire et des fascias, modulées par les ondes de Traube-Hering et de Mayer, pourraient expliquer ce que les praticiens palpent. Le lien avec la tenségrité et la mécanosensibilité cellulaire est direct. À noter : c’est un preprint, avec un seul pair-évaluateur à ce jour. À suivre. Mériaux F., Stubbe L., Guyon A. DOI : 10.32388/S6IGL0
  • Ostéopathie et système cardiovasculaire : ce que dit vraiment la recherche – Une revue systématique publiée en février dans l’International Journal of Osteopathic Medicine a compilé 34 études sur les effets de l’OMT sur la fonction cardiovasculaire. Le résultat mérite qu’on s’y arrête sans triomphalisme ni déception. À court terme — moins d’une heure après traitement — aucun effet significatif sur la fréquence cardiaque ni la pression artérielle systolique. En revanche, la variabilité de la fréquence cardiaque haute fréquence, reflet du tonus vagal, augmente chez l’adulte. Ce que les auteurs concluent eux-mêmes : les données à long terme sont quasiment absentes, les protocoles trop hétérogènes pour conclure sur les bénéfices cardiovasculaires durables. C’est une recherche honnête. Elle ne confirme pas tout ce qu’on voudrait, et c’est exactement pourquoi elle vaut la peine d’être lue. Johnston K. et al., IJOSM, vol. 59, 2026. DOI : 10.1016/j.ijosm.2026.100813
  • Fascial Counterstrain et PTSD — 3 séances, des résultats qui interrogent Publiée en mars dans Military Medicine, cette étude randomisée est la première à tester le Fascial Counterstrain (FCS) sur des sujets présentant un PTSD. Protocole : 3 séances de 1h30, ciblant spécifiquement l’interstitium entourant le système nerveux sympathique. Résultat : réduction de 18,7 points sur l’échelle clinique CAPS-5 dans le groupe traité, contre 1,3 dans le groupe contrôle — différence statistiquement significative (p < .001). Améliorations associées sur la dépression, l’anxiété et les symptômes somatiques. Deux éléments à garder en tête : l’échantillon est petit (24 sujets), et les auteurs principaux sont aussi les développeurs et enseignants du FCS. Ce n’est pas rédhibitoire, mais ça appelle une réplication indépendante. Le mécanisme proposé — réduction de médiateurs inflammatoires dans les tissus interstitiels via une action directe sur le SNS — dialogue directement avec ce que nous savons des fascias et de la mécanosensibilité cellulaire. Christy H., Tuckey B. et al., Military Medicine, vol. 191, 2026.
  • Ostéopathie hypertrophique chez le chien : un tableau clinique à connaître Une série de cas publiée en février dans Veterinary Medicine International décrit cinq chiennes présentant une ostéopathie hypertrophique (OH) associée à des masses thoraciques. L’OH est un syndrome paranéoplasique : les membres gonflent de manière bilatérale et progressive, avec des proliférations périostées visibles à la radiographie. Les articulations, elles, ne sont pas directement atteintes. Ce n’est pas un article sur la thérapie manuelle animale. Mais c’est exactement le type de tableau qu’un praticien OA peut rencontrer dans sa consultation — et qu’il faut savoir ne pas traiter. Un gonflement bilatéral des membres chez un chien doit déclencher un bilan thoracique avant toute autre chose. L’article est en accès libre sur PubMed Central. Cetinkaya MA et al., Vet Med Int, 2026.
  • Ce que la thérapie manuelle fait au cortisol et à l’ocytocine — l’état du chantier Une revue de portée publiée dans Frontiers in Rehabilitation Sciences a passé en revue 72 études sur les réponses hormonales à la thérapie manuelle (massage, OMT, manipulation spinale). Le constat est net : les effets sur le cortisol et l’ocytocine existent, mais les résultats sont trop hétérogènes pour en tirer une conclusion robuste. Populations différentes, timing de mesure variable, méthodes de dosage disparates — on compare des situations qui ne sont pas comparables. Ce n’est pas « ça ne marche pas ». C’est « on ne sait pas encore bien mesurer ». La question des mécanismes neuroendocriniens de la TM reste entière. Et c’est précisément ce que cette revue pointe comme priorité de recherche. Cao AT, Alanazi MS, Billings R, Reed WR, Front Rehabil Sci, 2026.
  • Épaule gelée : « Beyond the capsule » — ce que la science de 2026 change Une revue collaborative internationale vient de paraître en mars 2026 dans Pain Management. Son titre résume le basculement : Beyond the capsule. L’épaule gelée n’est plus une maladie articulaire — c’est la manifestation musculo-squelettique d’une dérégulation métabolique, inflammatoire et neuro-endocrine systémique. Diabète, dysthyroïdie, périménopause, sensibilisation centrale : autant de facteurs qui participent activement à la genèse de la pathologie. Le mythe « auto-limitant » en prend pour son grade : la récupération est souvent incomplète quand on ne traite que la périphérie. Le bilan clinique reste roi — pas d’IRM systématique. Et le profil psychologique (catastrophisme, anxiété, soutien social) prédit l’évolution fonctionnelle à moyen terme. Brindisino et al. — Pain Management, mars 2026 DOI : 10.1080/17581869.2026.2636725.

Revue du web

 France :

  • Le chien domestiqué il y a 16 000 ans — 5 000 ans plus tôt qu’estimé Deux études publiées dans Nature cette semaine bousculent la chronologie de la domestication canine. Grâce à l’analyse ADN de restes osseux, des équipes internationales situent la présence de chiens génétiquement distincts des loups en Europe il y a 15 800 ans — à Pinarbasi, en Turquie. Plus surprenant : lors de la révolution agricole du Néolithique, les humains ont migré massivement d’Asie vers l’Europe, mais leurs chiens ne les ont pas suivis au même rythme. La lignée canine européenne est antérieure à cet événement. Pour les praticiens qui travaillent avec les chiens, l’ancienneté de ce lien interspécifique n’est pas anecdotique.
  • Schizophrénie et malformation crânienne — une piste de recherche à suivre (Article de décembre 2024 — nous le signalons pour la pertinence du mécanisme). Des chercheurs de St. Jude Hospital ont montré que le syndrome de DiGeorge (délétion 22q11.2, 1 naissance sur 2148) entraîne une malformation de la fossa subarcuata, réduisant de 70% le volume du flocculus et paraflocculus du cervelet. Ces structures, impliquées dans le traitement auditif et la reconnaissance des visages, sont déficientes chez 30% des porteurs de ce syndrome — qui développent une schizophrénie. « Ce serait incroyable car tout partirait d’un os », dit le chercheur principal. La prudence s’impose : il s’agit d’une anomalie génétique rare, pas d’une dysfonction somatique. Mais le mécanisme (une structure osseuse qui contraint le développement neurologique) entre en résonance avec notre façon de penser les interrelations structure/fonction. Nature Communications, 2024

Ailleurs:

  • Réglementation – L’Italie a bouclé son processus En décembre 2025, un accord État-régions a finalisé en Italie un processus entamé en 2018 avec la loi Lorenzin. Les ostéopathes italiens sont désormais une profession de santé « non médicale », avec formation de trois ans, compétences limitées aux dysfonctions somatiques sans pathologie, et obligation de référer à un diagnostic médical. Le SFDO qui publie cette analyse pose la question franchement : les ostéopathes français se satisferaient-ils d’une telle orientation ? La formation sur trois ans va à contre-courant du mouvement européen vers le niveau Master. C’est le type d’information qui circule peu hors des cercles syndicaux – et qui mérite d’être connue.

Sur les différents réseaux sociaux

Podcast :

  • Mordant #45 — Les secrets d’un cabinet d’ostéopathie animale à succès – Mathilde Chalut-Natal reçoit Claire Charpentier, ostéopathe animalier installée depuis plus de 10 ans, spécialisée chiens et chats. Au programme : gestion du planning, construction d’un cabinet avec plusieurs semaines d’attente, et retour d’expérience d’une pionnière du milieu. Claire fait partie de ceux qui ont démarré sans modèle.
  • Et surtout la santé #109 — Le Neuro-Structurel expliqué simplement – Etienne Bulidon reçoit Nicolas Van Michel pour parler de ce qu’il appelle le « neuro structurel » : la place du système nerveux, le lien entre structure et fonction, la façon d’entrer en relation avec les tissus. Podcast ostéopathie humaine — mais le cadre conceptuel parle directement aux praticiens animaliers.

Dans le futur…

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Retour en haut